Vous prendrez bien un petit verre d’uranium ?
Valérie Mangin, scénariste d’Alix, utilise dans un épisode les pouvoirs de l’orichalque qui a beaucoup à voir avec l’ouraline à la mode dans la verrerie des années 1930.
La scénariste (et ancienne chartiste) de la célébrissime bande dessinée Alix, Valérie Mangin, a réutilisé dans Alix et les Amazones les vertus de l’orichalque, à la fois bénéfiques ou létales selon l’usage, imaginé par Jacques Martin. Mais il y a du vrai dans cette création : « On fabrique depuis l’Antiquité des objets qui me font immanquablement penser à lui, rappelle l’autrice sur son compte Facebook. Ils sont radioactifs et dégagent une puissante luminescence verte quand ils sont exposés à la lumière ultraviolette. L’ouraline est un verre dans lequel on a incorporé de l’uranium.
En général, cet élément chimique ne représente pas plus de 0,2 % du poids de l’objet. Mais cette proportion peut atteindre jusqu’à 25 % entre 1880 et 1920, époque où la mode de l’ouraline atteint son apogée. La découverte de la radioactivité en 1896 n’a pas altéré sa popularité, au contraire. Elle n’en est devenue que plus attractive pour le grand public. » Les cristalleries de Choisy-le-Roy, Baccarat ou Vallérysthal le prisèrent particulièrement et les collectionneurs les chassent volontiers en ligne. « Aujourd’hui, on fabrique toujours de l’ouraline, surtout aux États Unis. Un autre terme masquant la référence à l’uranium est « verre de vaseline ». Inoffensif, c’est à voir avant de boire : « On recommande toutefois ne pas boire ni manger dans ce genre de vaisselle… », rappelle Valérie Mangin.
