La paix franco-suisse et la pensée des Lumières archivées par l’UNESCO
Deux trésors d’archives rejoignent le Registre « Mémoire du monde »

Traité de Fribourg de 1516
Deux nouveaux ensembles documentaires, dont une partie est conservée aux Archives nationales françaises, ont été inscrits au Registre international « Mémoire du monde » de l’Unesco lors de la session du Conseil exécutif qui s’est tenue du 2 au 17 avril 2025. Il s’agit du traité de Paix perpétuelle entre la France et la Suisse (1516) et des archives de l’expédition d’Entrecasteaux (1791-1793). Deux candidatures soutenues par des coopérations internationales : France et Suisse pour la première, France et Australie pour la seconde.
Le Registre « Mémoire du monde », créé par l’Unesco en 1992, recense des documents ayant une valeur universelle exceptionnelle. Il vise à préserver et promouvoir un patrimoine documentaire mondial. Avant cette session, 496 inscriptions y figuraient, dont 21 liées à la France.
Le traité de Fribourg de 1516 marque un tournant dans l’histoire diplomatique européenne. Conclu entre le roi François Ier et les XIII cantons suisses, il met fin aux conflits dans le Milanais et amorce une relation de paix durable. Ce traité, conservé en version latine à Paris et en allemand à Fribourg, est souvent considéré comme l’acte fondateur de la neutralité suisse. Il préfigure les grandes chartes internationales pour la paix.
Autre reconnaissance majeure : les archives de l’expédition menée par le contre-amiral d’Entrecasteaux à la recherche de La Pérouse. Entre 1791 et 1793, cette mission scientifique et maritime sillonna les océans jusqu’à l’Australie, la Tasmanie et l’Asie du Sud-Est. Les documents – 27 000 pages numérisées, cartes, dessins, journaux de bord – constituent un témoignage unique de la pensée des Lumières, mais aussi des débuts de la Révolution française, vue depuis les mers du Sud.
Les Archives nationales françaises, en lien avec celles de Fribourg, de Suisse et d’Australie, s’attachent à rendre ces fonds accessibles. Le programme de numérisation a déjà permis de remettre l’intégralité des documents aux institutions partenaires et représentants des peuples premiers d’Australie. Ces inscriptions marquent une avancée essentielle dans la reconnaissance d’un patrimoine commun et d’une histoire partagée à l’échelle mondiale.
